Ouest-France
« LE BALAYEUR DES BERMUDES, UN TOURNANT POUR GÉRALDINE DESBREIL
Mercredi dernier, le théâtre de la Ruche acceuillait Géraldine Desbreil pour son premier roman Le Balayeur des Bermudes. Un évènement tant les rencontres publiques de cette écrivaine sont rares. Le public nantais n'a pas boudé ce rendez-vous et s'y est rendu en nombre.

On connaissait parfaitement Géraldine Desbreil pour ces travaux remarquables en sociologie et en linguistique. On pouvait craindre que l'on s'attarde sur cet aspect scientifique de sa carrière. Dimension essentielle de son travail, certes, qui aurait pu nous priver de parler librement de son premier roman... Ce ne fut pas le cas et une discussion d'une grande intensité émotive, chaleureuse, a pu s'engager entre l'autrice et ses lecteurs.

Ce livre "fragmenté" en histoires de vie ne peut que nous interpeller. Géraldine Desbreil a su clore chaque fragment de vie aux endroits cruciaux, laissant à chacun, au gré de sa lecture, la possibilité d'en inventer la fin. L'issue des personnages appartient aux lecteurs et lectrices, clamera Géraldine Desbreil.

Il était assez surprenant, la soirée terminée, que nombre de lecteurs et lectrices aient accaparé jusque tard dans la nuit, sur le trottoir de la rue Félibien, notre autrice, ne tarissant pas d'éloge et de questions.

Une émotion palpable, à fleur de peau et l'envie d'une suite à cet ouvrage bouleversant. Florilège de phrases entendues : "Vidock balaye les rues, le long du métro... Il a éclairé ma vie. Tous ces visages aperçus à travers les vitres des voitures, leur humanité, c'était la mienne" dit très émue, Corine. "Ce triangle des Bermudes où évolue un balayeur qui se place sur chaque angle pour avoir une vision personnelle des autres, c'est fort..." a renchérit Étienne. Et ça continue avec Sylvie : "Des bouts de vie. Des fragments de rêve qui ont éclairés ma vie". Et encore : "Un balai, nous le savons depuis longtemps, peut servir à des voyages fantastiques... Celui de Vidocq, balayeur du métro, semble plus banal. Et pourtant... Vers quelles Bermudes ne m'a-t-il entraîné?".

Comment vous convaincre de lire ce premier roman, qui n'en doutons pas pour Géraldine Desbreil, est la première d'une belle et longue oeuvre.

Nous vous renvoyions à notre édition du week-end où une page spéciale est entièrement consacré à Géraldine Desbreil.

Le Balayeur des Bermudes, Géraldine Desbreil, 2017

« Chaque matin il la croisait, toujours à la même heure, vêtue de noir. »

Tel semble être le destin de Vidocq, balayeur du métro parisien : devoir se contenter de passages fugaces, de regards rencontrés derrière la vitre infranchissable des voitures. Se pourrait-il pourtant que ces visages, toute une ville qui défile devant lui, éclairent une vie en apparence si monotone ? Que l’imaginaire vienne apporter une autre dimension à ces éclats d’existence ? À moins qu’au contraire, ce soient ses propres illusions que Vidocq balaye jour après jour... Vers quelles Bermudes, ou quelle catastrophe, nous entraînera-t-il ?

L’écriture de Géraldine Desbreil, exigeante et lucide, nous invite à des ailleurs ambigus.

Biographie de l'auteure

Née en 1977, Géraldine Desbreil, linguiste et sémiologue, signe ici son premier roman.

Théâtre de La Ruche, Nantes

Tout public